Turquie : nouvelles purges dans l’armée et l’université [Le Parisien]

Plus de 2 700 personnes ont été limogées dans l’administration et les emplois publics. Il devront comparaître en uniforme devant la justice, en vertu d’un décret du président Erdogan.

Le gouvernement turc a ordonné dimanche le limogeage de plus de 2 700 personnes travaillant dans différents corps publics. Motif : leurs prétendus liens avec des organisations « terroristes ».

Selon un décret publié au Journal officiel, quelque 2 756 personnes ont ainsi été renvoyées de leur poste, notamment dans les ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Défense. Parmi elles figurent 637 militaires et 105 universitaires.

Le décret stipule que ceux qui ont été visés sont soit membres, soit en lien avec des organisations « terroristes » ou des structures agissant contre la sécurité nationale. Il ordonne également la fermeture de 17 institutions à travers le pays, dont deux journaux et sept associations.

En uniforme devant les tribunaux

Un second décret publié dimanche prévoit que les suspects accusés d’avoir agi contre l’ordre constitutionnel devront comparaître devant les tribunaux en uniforme unicolore, marron ou gris. Cela s’appliquerait également aux personnes accusées d’avoir tenté de renverser le gouvernement. Ce décret entrera en vigueur dans un mois et s’appliquera seulement aux hommes.

Mi-juillet, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s’était dit favorable à un uniforme unique « comme à Guantanamo » pour les présumés putschistes jugés. Dimanche, il a déclaré que le souhait que de tels uniformes soient portés vient des « victimes, ceux qui ont été lésés ». Les suspects « ne pourront pas comparaître devant un tribunal avec une cravate, d’une manière ostentatoire », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le second décret prévoit que l’agence turque en charge des industries de défense serait désormais placée sous le contrôle de la présidence, et non plus du ministère de la Défense.

55 000 arrestations depuis juillet 2016Après la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016, le gouvernement a instauré un état d’urgence, renouvelé à cinq reprises, la dernière fois en octobre 2017. Dans le but de se débarrasser de ce que le président turc appelle le « virus » de l’influence du prédicateur islamiste Fethullah Gülen, accusé d’avoir mené la tentative de coup d’Etat, le pouvoir turc s’est lancé dans une vaste purge des organes de l’Etat.

Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis, nie toute implication dans le putsch avorté et tout lien avec le terrorisme. Ankara accuse également M. Gülen et ses partisans d’avoir infiltré les institutions étatiques. Plus de 55 000 personnes ont été arrêtées et plus de 140 000 limogées ou suspendues depuis juillet 2016.

Source: Le Parisien