Turquie. Liberté pour les journalistes emprisonnés [L’Humanité]

Hier, rassemblement à Paris pour exiger la libération de quelque 150 journalistes turcs et kurdes emprisonnés en Turquie sur ordre d'Erdogan. Photo : Patrick Kamenka

Hier, rassemblement à Paris pour exiger la libération de quelque 150 journalistes turcs et kurdes emprisonnés en Turquie sur ordre d’Erdogan. Photo : Patrick Kamenka

Une cinquantaine de manifestants d’associations de défense des droits de l’Homme se sont rassemblés mercredi sur la Place Léon Blum (Paris 11°) à l’appel des syndicats de journalistes français (SNJ, SNJ-CGT, CFDT-Journalistes) et de la Fédération internationale des Journalistes (FIJ) pour exiger la libération de quelque 150 journalistes turcs et kurdes emprisonnés en Turquie sur ordre du régime du président Recep Tayyip Erdogan.

« L’ordre règne à Istanbul » dénonçait une grande banderole -qui listait un à un les 151 noms des journalistes emprisonnés avec le nombre de jours de détention pour chacun-  autour de laquelle s’étaient réunis les représentants des syndicats de journalistes (SNJ-CGT, dont Emmanuel Vire, secrétaire général, et Jacqueline Papet pour la CFDT Journalistes), d’Amnesty France (Denise Gueguen), du Mrap (Jean-Paul Lemarec), de France-Kurdistan (Laure Gréaume), ainsi que d’associations turques en France (Acort et SUP DDHT représentés par Umit Metin et Selim Eskiizmirliler). Le PCF par la voix de Pascal Torre est venu apporter son soutien à l’initiative de solidarité qui a été saluée par les élus communistes du 11° (Hélène Bidard) et du 4° arrondissement (Evelyne Zarka).

Les intervenants ont dénoncé tour à tour la situation faite aux journalistes en Turquie où 187 médias ont été fermés par oukaze du régime de l’AKP, où des centaines de journalistes sont privés de leurs cartes de presse et donc d’emploi, où de nombreux confrères sont contraints à l’exil comme Can Dundar, l’ancien rédacteur en chef de Cumhuriyet.

Les militants ont dénoncé également le black out imposé par Istanbul aux journalistes étrangers venant couvrir la Turquie, comme les Français Loup Bureau, Mathias Depardon ou Olivier Bertrand. Le journaliste germano turc Deniz Yücel étant pour sa part toujours détenu.

Les participants au rassemblement ont cloué au pilori l’Europe et en premier lieu la France appelant l’UE à faire respecter la liberté d’expression et les droits de l’Homme dans ce pays.

Un message de la Fédération internationale des journalistes  (600 000 membres dans le monde) a apporté son soutien à l’initiative appelant à « la solidarité internationale avec les journalistes turcs ». Ensemble, nous pouvons exiger la libération des journalistes emprisonnés et la réouverture des médias fermés, ont conclu les participants. Le journalisme n’est pas un crime.

Source: L’Humanité