Qui peut stopper Erdogan ? [France Culture]

Tandis que les procès politiques se multiplient en Turquie et que l’offensive de l’armée turque se poursuit dans l’enclave kurde d’Afrin, Recep Tayyip Erdogan semble décidé à n’écouter ni les opposants turcs, ni les pressions internationales. Qui peut entraver la dérive autoritaire de l’Etat Turc ?

Recep Tayyip Erdogan au rassemblement du parti de l'AKP, Ankara, Janvier 2018
Recep Tayyip Erdogan au rassemblement du parti de l’AKP, Ankara, Janvier 2018 Crédits : ADEM ALTAN – AFP

Il fallait un certain cynisme pour baptiser ‘Rameau d’olivier’, une opération militaire. C’est pourtant le nom qui a été donné à l’offensive que mène l’armée turque depuis le 20 janvier dans le nord de la Syrie. Sa cible : les YPG, les Unités de protection du peuple, une organisation armée kurde, considérée comme terroriste par les autorités turques.

Les autorités turques : le pluriel est-il encore vraiment de mise, dans un pays où le pouvoir est de plus en plus concentré, pour ne pas dire confisqué, par un seul homme : Recep Tayyip Erdogan. Le coup d’état raté de juillet 2016 a donné au chef de l’Etat l’occasion de museler tout ce qui peut ressembler, de près ou de loin, à un opposant. L’état d’urgence a eu raison de l’état de droit.

Dans son baromètre annuel sur la liberté de la presse, Reporters sans frontières classe la Turquie au 155e rang sur 180. De nombreux journalistes sont en prison. Ils y côtoient des opposants politiques, des syndicalistes, des militants des droits de l’homme : une situation d’autant plus préoccupante que rien, ni à l’extérieur du pays, ni à l’intérieur, ne semble en mesure d’y remédier. Comme si le président turc était devenu intouchable.

Source: France Culture