Forum International: La liberté de recherche aujourd’hui (16-18 Novembre 2017)

La liberté de recherche aujourd’hui

Conflits, pratiques, perspectives

À la lumière des attaques récentes contre la liberté de recherche, il nous semble nécessaire de réaffirmer et de réfléchir, à un niveau international, sur le droit à cette liberté. Cherchant à tenir compte de la nature à la fois ponctuelle, tendancielle et structurelle des attaques contre celle-ci, nous avons décidé de nous intéresser à l’actualité de cette question en faisant se croiser des pratiques personnelles et collectives ainsi que des réseaux et associations qui défendent le droit à cette liberté, mais aussi aux perspectives politiques que pourrait contenir un questionnement sur cette liberté. Nous avons décidé d’adopter une compréhension pratique, large et agonistique de l’idée de liberté de recherche, ainsi nous incluons dans l’expression le journalisme, les Arts, les enquêtes civiles tout autant que la recherche académique. Il faut aussi entendre dans l’expression l’idée d’un réseau de sociabilité, d’interrelations économiques et politiques et souligner qu’un rapport conflictuel à cette liberté est nécessaire, elle ne saurait se résumer à un titre garanti par un Etat « non-autoritaire ».

En invitant des scientifiques, des artistes, des journalistes et des militants de divers champs et de divers pays, nous espérons échanger des expériences et des efforts pour réfléchir collectivement à une liberté de recherche normative et motivée politiquement.

Une série d’événements politiques récents souligne l’urgence d’interroger l’état de la liberté de rechercher actuellement : répression d’universitaires en Turquie, violences contre des chercheurs étasuniens travaillant sur le printemps arabe ; menaces de mort contre des universitaires travaillant sur le processus de paix en Colombie ; saisi de documents d’universitaires français travaillant sur le terrorisme ; condamnation de chercheurs italiens ayant participé à des manifestations contre la ligne à grande vitesse dans le Val de Susa ; licenciements de chercheurs ayant participé à Occupy Wall Street… Dans tous ces cas, la question de la défense de la liberté de recherche est liée à un large contexte social : un contexte de conflits politiques et de tensions sociales où les institutions universitaires et les luttes sociales se rencontrent. De plus, la « recherche » dont la liberté doit être défendue doit être entendue comme la recherche d’enquêter, celle de produire du savoir, de parler publiquement et donc mérite de se mobiliser pour les journalistes, les syndicalistes, les artistes, les militants et les citoyens.

Ainsi nous considérons la notion traditionnelle de liberté de recherche comme étant incomplète quand elle n’est résumée qu’à une question de liberté d’expression bafouée par une répression gouvernementale. Réduite à cela, la liberté de recherche se présente comme un pilier de nos sociétés modernes et toute attaque contre elle constitue une aberration autoritaire. Nous proposons plutôt de réfléchir à la nature politique, conflictuelle et critique des voix et interrogations des chercheurs, journalistes, syndicalistes, artistes et militants. En tant que tel, cette liberté ne va pas de soi. Elle devient une question dont l’exercice à rapport avec l’opposition, le conflit et le dissensus, une question qui vient contester la légitimité des structures de pouvoir et demander protection contre d’éventuelles poursuites. Par essence, la liberté de recherche est agonistique, elle engage la démocratie et la capacité de ces institutions et espaces publics à accueillir le conflit politique, à favoriser et faire circuler les questionnements et positionnements critiques et donc à protéger les citoyens qui usent de la liberté de recherche.

Du 16 au 18 novembre 2017, nous organisons à Paris un forum international autour de débats pléniers, d’ateliers et de matériaux documentaires (vidéos, panneaux informatifs…) qui rassemblera des chercheurs mais aussi des journalistes, syndicalistes, associatifs et artistes. Trois objectifs structureront nos discussions :

1/ Comprendre et analyser l’état de la liberté de recherche aujourd’hui.

2/ partager, explorer et recenser des pratiques.

3/ Exposer et sonder les perspectives politiques de la liberté de recherche actuellement.

Avec l’idée d’aboutir à une ébauche de définition politique et normative de la liberté de recherche aujourd’hui.

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