Cent chercheurs trouvent refuge en France [Le Monde]

Le Programme national d’aide à l’accueil en urgence des scientifiques en exil vient de tirer son premier bilan. Turcs et Syriens en sont les principaux bénéficiaires.

Sauver une vie, sauver des idées », tel est le slogan du Programme national d’aide à l’accueil en urgence des scientifiques en exil (Pause). Au Collège de France, qui pilote ce programme, son premier bilan a été livré jeudi 9 novembre, après moins d’un an d’existence. Pause est un dispositif de soutien aux chercheurs ou doctorants menacés dans un pays en guerre ou opprimés pour leurs opinions, religions, etc.

« Ce programme a ranimé mes projets scientifiques », a témoigné à la tribune Sami Youssef, agronome syrien, accueilli par l’université de Montpellier et qui a eu la possibilité de publier plusieurs articles sur la biodiversité de sa région. « A cause de la guerre en Syrie, mes ­déplacements sur le terrain en tant qu’archéologue devenaient dangereux. Des collègues sont même morts, a relaté Komait Abdallah, spécialiste des mosaïques anciennes. Grâce à Pause, je peux continuer mon œuvre de documentation du patrimoine syrien en préparant l’édition d’un livre. »

Chercheurs réprimés

Pause octroie une subvention d’environ 30 000 euros pendant un an à une université ou à ­un ­établissement de recherche ­accueillant le ou la bénéficiaire, ce qui représente environ 60 % de l’investissement total. En plus du salaire, il faut ajouter des cours de langue, une aide au logement éventuelle, à la famille…

En trois vagues, quatre-vingt-dix-huit « lauréats » – sur cent soixante-quatorze demandes – ont été accueillis dans cinquante-six établissements et organismes de recherche. Créé à l’origine pour protéger des chercheurs syriens, le programme a vu affluer les ­demandes de Turquie, où le gouvernement réprime sévèrement les universitaires depuis 2016 et le coup d’Etat avorté. Résultat, Pause soutient cinquante-sept chercheurs de ce pays, dix-huit Syriens, trois Yéménites ; les autres viennent d’Algérie, d’Irak, du Venezuela… La moitié sont des femmes. 10 % sont professeurs, 33 % doctorants et, les autres sont post­doctorants…

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